Fermeture des raffineries en France : chronologie et évolution du diesel
La France a connu une réduction importante de ses capacités de raffinage depuis la fin des années 2000. Il ne s'agit toutefois pas d'une décision unique prise par un gouvernement : les fermetures ont principalement résulté des décisions des compagnies pétrolières, dans un contexte de surcapacité du raffinage européen, d'évolution de la demande et de difficultés économiques de certains sites.
Une forte réduction des capacités de raffinage
Selon le ministère de la Transition écologique, les capacités françaises de raffinage sont passées d'environ 98 millions de tonnes en 2009 à 61 millions de tonnes en 2017, soit une diminution d'environ 40 %. Cette baisse est notamment liée aux fermetures successives de plusieurs raffineries.
Chronologie des principales fermetures
| Année | Raffinerie | Lieu | Événement |
|---|---|---|---|
| 2010 | Raffinerie des Flandres | Dunkerque | Arrêt de la raffinerie Total, puis reconversion du site en dépôt pétrolier. |
| 2011 | Raffinerie de Reichstett | Bas-Rhin | Arrêt de l'activité de raffinage. |
| 2012-2013 | Raffinerie de Berre | Bouches-du-Rhône | Mise à l'arrêt puis fermeture après l'absence de repreneur. |
| 2012-2013 | Raffinerie de Petit-Couronne | Seine-Maritime | Fermeture dans le contexte de la faillite de Petroplus. |
| 2016 | Raffinerie de La Mède | Bouches-du-Rhône | Arrêt du raffinage et reconversion du site en bioraffinerie. |
| 2017 | SRD Dunkerque | Nord | Fermeture définitive après une période sans fonctionnement. |
Le ministère indique que les fermetures de Flandres, Reichstett, Berre, Petit-Couronne et La Mède expliquent une grande partie de la diminution des capacités françaises durant cette période.
Sous quels gouvernements ?
La principale vague de fermetures s'est donc déroulée entre 2010 et 2017. Les premières fermetures importantes ont eu lieu sous la présidence de Nicolas Sarkozy, notamment en 2010, 2011 et 2012-2013. D'autres fermetures ou reconversions se sont poursuivies sous la présidence de François Hollande, notamment La Mède.
Il serait cependant inexact d'affirmer que les gouvernements ont simplement « fermé les raffineries » : dans plusieurs cas, la décision appartenait aux exploitants confrontés à la rentabilité des installations, et l'État intervenait ensuite dans l'accompagnement, les négociations sociales, les autorisations et la reconversion des sites.
Quelle place pour le diesel dans les carburants ?
Malgré la diminution des capacités de raffinage, le diesel est longtemps resté le carburant routier dominant en France.
| Année | Gazole | Essence / supercarburants |
|---|---|---|
| 2015 | 83 % | 17 % |
| 2023 | 72 % | 28 % |
Ces chiffres concernent le marché des carburants routiers, biocarburants inclus. Ils montrent que le diesel reste majoritaire, mais que sa part a fortement diminué : elle est passée de 83 % en 2015 à 72 % en 2023.
En 2024, la consommation routière de gazole a encore diminué de 3,1 %, tandis que celle d'essence a progressé de 4,1 %. Le ministère attribue notamment cette évolution à la transformation du parc automobile français.
Et aujourd'hui ?
En 2024, le gazole routier représentait encore environ 45 % de la consommation réelle de l'ensemble des produits pétroliers et biocarburants. Les supercarburants représentaient 18 %. Pour les seuls carburants routiers, le gazole reste donc nettement majoritaire.
En parallèle, la France reste importatrice nette de produits pétroliers raffinés. En 2024, le solde importateur s'établissait à environ 22,5 millions de tonnes, contre 33,2 millions de tonnes en 2021.
En résumé
La grande vague de réduction du raffinage français s'est produite principalement entre 2010 et 2017. Elle a commencé sous Nicolas Sarkozy et s'est poursuivie sous François Hollande. Elle ne correspond pas à une décision gouvernementale unique de « supprimer le diesel », mais à une restructuration du secteur du raffinage français et européen.
Paradoxalement, pendant que plusieurs raffineries françaises fermaient, la France conservait une consommation très importante de gazole. Le pays a donc dû s'appuyer davantage sur les importations de produits raffinés pour répondre à certains besoins du marché.
Sources : Ministère de la Transition écologique, SDES, Bilan énergétique de la France, Chiffres clés de l'énergie et Bilan annuel des transports.

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