En ce début de septembre 2026, les réserves de gaz en Allemagne affichent un taux de remplissage historiquement bas de 53 %, marquant le niveau le plus faible pour cette période de l'année depuis quinze ans de relevés. Alors que le pays se situe nettement sous la moyenne européenne de 67 %, l'association sectorielle des stockeurs allemands (INES) alerte sur un risque potentiel en cas de météo extrême.
Les causes de ce retard de stockage
- Tensions géopolitiques au Moyen-Orient : La hausse mondiale des prix du gaz s'est intensifiée après des événements perturbateurs comme la fermeture du détroit d'Ormuz, impactant fortement l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL).
- Manque d'incitations financières : L'écart trop faible entre les prix du gaz en été et ceux attendus pour cet hiver freine les opérateurs et régies municipales, qui jugent l'injection financièrement peu rentable.
- Attentisme des marchés : Les acteurs privés ont volontairement ralenti leurs achats au début de l'été dans l'espoir d'un reflux des cours qui ne s'est pas produit.
Quel est le risque réel de pénurie ?
Le gouvernement fédéral allemand, par la voix du ministère de l'Économie, maintient une ligne rassurante et estime qu'une pénurie de gaz n'est pas attendue pour l'hiver prochain, bien que la situation soit admise comme « plus tendue » que l'an dernier.
Sur le plan technique, l'association INES précise qu'un niveau de 77 % de remplissage reste atteignable d'ici le 1er novembre. Ce niveau s'avérerait suffisant pour couvrir la demande industrielle et domestique lors d'un hiver normal. En revanche, la marge de sécurité s'est considérablement réduite : un hiver exceptionnellement rigoureux ou de nouvelles ruptures d'approvisionnement sur le GNL mettraient le réseau sous forte pression.
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