Ces dernières semaines, le prix du gasoil, déjà très élevé, a continué de monter du fait de l'évolution de la situation au Proche-Orient. Une éventuelle pénurie n'est plus à exclure, et les politiques, malgré les promesses, semblent tous impuissants à régler le problème. Comme par hasard, c'est le moment choisi par nos dirigeants pour nous reparler de la Russie, et de la menace de guerre qu'elle pourrait représenter...
Alors, menace réelle, ou simple diversion, destinée à nous effrayer et à conserver le contrôle à quelques mois d'une élection à haut risque pour les héritiers de la macronie ? C'est le sujet de notre vidéo de la semaine.
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L'équipe du Fil d'Actu :
Présentation : Tatiana Ventôse
Écriture : Tommy Lasserre
Réalisation : Yohann Delozier
Saint-Ouen-l’Aumône : un lycéen blessé au visage par un tir policier lors d’un blocus
28 septembre 2026 – Val-d’Oise
Une scène filmée devant le lycée professionnel Château d’Épluches, à
Saint-Ouen-l’Aumône, suscite de nombreuses réactions depuis le 28 septembre.
Un lycéen a été atteint au visage par un projectile tiré par un policier
équipé d’un lanceur de type Cougar. Le jeune homme a été
transporté à l’hôpital de Pontoise avec plusieurs dents cassées.
L’affaire est particulièrement sensible car les images montrent un tir à
très courte distance, alors que le contexte immédiat de l’affrontement entre
le lycéen et les policiers fait lui aussi débat.
⚠️ Attention aux premières informations :
Le lycéen n’est pas décédé. Il a été blessé au visage et plusieurs dents ont
été cassées. Deux enquêtes ont été ouvertes : l’une concernant le tir policier,
confiée à l’IGPN, et l’autre concernant les violences qui auraient été commises
par le lycéen contre une fonctionnaire de police.
🎥 La vidéo de la scène
Une vidéo filmée par un témoin circule depuis le 28 septembre. Elle permet
d’observer une partie de la confrontation entre le jeune homme et plusieurs
policiers. Une autre séquence montre ensuite le lycéen blessé au visage.
La vidéo est particulièrement violente et peut être difficile à regarder.
Elle ne permet cependant pas, à elle seule, de connaître tout ce qui s’est
produit avant le début de l’enregistrement.
La vidéo et son contexte sont également examinés par plusieurs médias,
notamment Libération CheckNews, qui indique que la scène
s’est déroulée aux abords du lycée professionnel Château d’Épluches,
dans l’impasse Agatha-Christie.
🧭 Ce que montrent les images
Dans la séquence disponible, le lycéen se retrouve au contact de plusieurs
policiers. Une fonctionnaire tente de le repousser. Le jeune homme porte
ensuite un coup de pied. Un autre policier utilise alors son lanceur et tire.
Le projectile atteint le visage du lycéen, qui tombe au sol.
Cette chronologie générale est également reprise par le parquet de Pontoise,
qui indique que le mineur venait au contact d’une cheffe d’unité et qu’il
aurait porté des coups à cette fonctionnaire. Selon le procureur, la policière
le repoussait, le jeune est tombé à terre, puis un second policier a utilisé
son lanceur Cougar.
Mais cette description ne constitue pas encore une décision de justice :
les circonstances exactes du tir et la question de sa nécessité et de sa
proportionnalité doivent être établies par l’enquête.
👮 La version communiquée par le parquet
Le procureur de la République de Pontoise, Guirec Le Bras, indique que les
premiers éléments proviennent notamment de l'exploitation des images.
Deux procédures ont été ouvertes.
Une enquête de flagrance confiée à l’IGPN concernant le tir.
Une seconde enquête concernant les violences qui auraient été commises
par le lycéen contre la fonctionnaire de police.
L’arme a été saisie et des vérifications ont été effectuées concernant les
policiers impliqués. Ces investigations doivent notamment permettre de
déterminer précisément les conditions dans lesquelles le tir a été effectué.
🧑🏫 La version des personnels du lycée
La CGT Éduc’Action du Val-d’Oise donne une lecture très différente de la
scène. Dans son communiqué du 28 septembre, le syndicat affirme que les
forces de l’ordre auraient violemment dispersé les élèves et qu’un lycéen
aurait été matraqué avant de recevoir un tir de Cougar à très courte distance.
Le syndicat parle de « répression » et estime que l’intervention policière
était disproportionnée. Il affirme également que des personnels ont tenté
de faire rentrer les élèves dans l’établissement après les incidents.
Cette version est celle d’une organisation syndicale présente sur les lieux ;
elle doit donc être distinguée des éléments établis par l’enquête judiciaire.
Le média indépendant Blast présente la scène sous l’angle
des violences policières. Son article souligne la très courte distance du
tir et rapporte les images diffusées sur les réseaux sociaux.
Blast rappelle également une question technique importante : le lanceur
Cougar est destiné à la projection de grenades et son emploi est soumis à
des règles précises. Le média estime que les conditions visibles sur la
vidéo pourraient poser un problème de légalité, tout en précisant que la
vidéo n’avait pas encore été authentifiée au moment de sa publication.
📰 Libération / CheckNews : une approche davantage centrée sur les images
CheckNews rapporte également le tir de Cougar au visage et les blessures
dentaires du lycéen. Le journal a examiné les images et indique que l’IGPN
a été saisie par le parquet de Pontoise.
L'article constitue une source intéressante pour comparer les images avec
la description officielle du parquet.
🚨 Actu17 : le déroulement des faits et la version policière
Actu17, média spécialisé dans les faits divers, la police et la justice,
publie également la séquence et reprend les éléments communiqués par le
parquet.
Son récit insiste notamment sur le fait que le jeune homme serait venu au
contact des policiers et aurait porté un coup de pied après avoir été repoussé
par une policière.
Actu17 rapporte également les images montrant le lycéen blessé après le tir,
avec plusieurs dents cassées.
L'incident intervient pendant une mobilisation lycéenne qui s’est étendue
à plusieurs villes françaises. Les élèves protestent notamment contre le
manque de moyens, les absences de professeurs et les conditions
d’enseignement.
Selon les chiffres communiqués le 28 septembre par le ministère de l’Intérieur,
environ 180 établissements ont été concernés par des blocages ou des
perturbations et 164 personnes ont été interpellées.
Le gouvernement a parallèlement insisté sur les violences et les
dégradations constatées autour de certains établissements, tandis que des
organisations syndicales et des responsables politiques dénoncent une
réponse policière qu’ils jugent excessive.
⚖️ Que sait-on du Cougar ?
Il est important de ne pas confondre automatiquement le Cougar
avec le LBD 40.
Le Cougar est un lanceur de grenades utilisé par les forces de l’ordre.
Une instruction officielle de la gendarmerie concernant les armes de force
intermédiaire cite explicitement le « lanceur Cougar » parmi les lanceurs
de grenades utilisés par les forces de sécurité.
Cette instruction rappelle également que l'utilisation d'un lanceur de
grenades constitue un emploi de la force et que celui-ci doit respecter les
conditions de nécessité et de proportionnalité prévues par
la loi.
Le lycéen serait venu au contact d'une policière et aurait porté des coups.
Après sa chute, un autre policier a utilisé le Cougar. Le tir a atteint le
visage. Deux enquêtes sont ouvertes.
Personnels / syndicat
Les forces de l'ordre auraient violemment dispersé le rassemblement et le
lycéen aurait été frappé puis atteint par un tir à très courte distance.
Médias critiques
L'accent est mis sur la distance du tir, la blessure au visage et la question
d'un éventuel usage disproportionné de la force.
Approche police/justice
L'accent est mis sur l'affrontement préalable, les violences reprochées au
lycéen et le fait que l'IGPN doit déterminer les circonstances exactes du tir.
❓ Les questions auxquelles l'enquête devra répondre
Quelle munition exacte a été tirée ?
À quelle distance exacte le tir a-t-il été effectué ?
Quelle était la position du lycéen au moment du tir ?
Était-il encore au sol ou en mouvement ?
Quelle menace représentait-il à cet instant ?
Le tir était-il nécessaire dans les circonstances précises de la scène ?
Les règles d'emploi du lanceur ont-elles été respectées ?
Quel a été exactement le déroulement des secondes précédant le tir ?
📰 Pour comparer les récits
Voici plusieurs sources aux sensibilités éditoriales différentes. Le but
n'est pas de choisir à l'avance une version, mais de permettre au lecteur
de comparer les descriptions et les angles journalistiques.
Au 29 septembre 2026, plusieurs éléments sont établis : un lycéen a été
blessé au visage lors d'un blocus à Saint-Ouen-l'Aumône ; un projectile tiré
par un policier avec un lanceur de type Cougar l'a atteint ; plusieurs dents
ont été cassées ; et l'IGPN enquête sur les circonstances du tir.
En revanche, la responsabilité juridique du policier n'est pas encore
établie, pas plus que la qualification définitive des faits. Une
seconde enquête porte sur les violences qui auraient été commises par le
lycéen envers une fonctionnaire de police.
La vidéo constitue donc une pièce importante, mais elle ne montre qu'une
partie de la séquence. La suite de l'enquête permettra notamment de déterminer
si l'emploi du Cougar était nécessaire et proportionné dans les circonstances
exactes de cette intervention.
Résultats de recherche
Liste générée automatiquement. Chaque ligne = une query × un moteur.
Article évolutif : les informations pourront être mises à jour
au fur et à mesure des résultats de l'enquête de l'IGPN, des éventuelles
déclarations du parquet, des témoins et de la famille du lycéen.
Les prisonniers soviétiques morts en France sous l'Occupation
Les prisonniers soviétiques morts en France sous l'Occupation
Une histoire longtemps restée dans l'ombre.
Entre 1941 et 1945, des prisonniers de guerre soviétiques furent transférés vers la France occupée et utilisés comme main-d'œuvre forcée dans les mines, la sidérurgie, l'industrie et l'agriculture. Certains moururent dans les camps, d'autres sur les lieux de travail ou dans les lazarets.
Le cas le plus connu est celui du Ban-Saint-Jean, en Moselle, où des centaines de milliers de prisonniers transitèrent avant d'être répartis dans différents groupes de travail.
Une précision essentielle sur les chiffres :
Le chiffre de 300 000 souvent cité ne correspond pas à 300 000 morts. Il correspond au nombre de prisonniers soviétiques qui auraient transité par le Ban-Saint-Jean entre 1941 et 1944.
Le nombre total de Soviétiques morts en France pendant la guerre reste beaucoup plus difficile à établir.
1. Des soldats de l'Armée rouge capturés par l'Allemagne
Après l'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne nazie le
22 juin 1941, des millions de soldats soviétiques furent faits prisonniers.
Leur situation fut particulièrement dramatique. Les autorités allemandes ne leur appliquèrent pas les mêmes conditions que celles réservées à de nombreux autres prisonniers de guerre. Famine, froid, maladies, absence de soins et violences provoquèrent une mortalité considérable.
Lorsque l'économie allemande eut besoin de davantage de travailleurs, une partie de ces prisonniers fut affectée à l'industrie et aux mines. Des contingents furent ainsi envoyés vers l'Ouest, notamment en Lorraine et dans d'autres régions françaises contrôlées par l'Allemagne.
L'Encyclopédie multimédia de la Shoah décrit notamment les conditions catastrophiques imposées aux prisonniers soviétiques : manque de nourriture, vêtements insuffisants, absence d'abris et épidémies.
La Lorraine occupée possédait une industrie particulièrement importante pour l'économie de guerre allemande : mines de fer, charbon, sidérurgie, ateliers et usines.
Les prisonniers soviétiques furent donc employés comme travailleurs forcés dans différents secteurs. Les recherches menées aujourd'hui montrent notamment leur présence dans les mines et les établissements industriels de Lorraine.
Les Archives départementales de Meurthe-et-Moselle ont consacré le
4 avril 2025 une journée d'étude aux « Prisonniers de guerre soviétiques en France (1941-1945) ». Elles indiquent que Russes, Biélorusses, Ukrainiens et Baltes furent employés dans les usines sidérurgiques, les mines de fer et l'agriculture.
3. Le Ban-Saint-Jean : le principal lieu de mémoire
Le camp du Ban-Saint-Jean, situé près de Denting et Boulay en Moselle, fut utilisé par les autorités allemandes comme camp de prisonniers soviétiques.
Le site faisait partie du système du Stalag XII-F, dont le camp principal se trouvait à Forbach. De nombreux prisonniers étaient ensuite répartis dans des groupes de travail.
Selon les sources locales et les archives citées par les historiens, environ
300 000 prisonniers soviétiques auraient transité par le Ban-Saint-Jean entre 1941 et 1944.
Ils étaient ensuite envoyés vers différents lieux de travail, notamment les mines de fer et de charbon.
C'est ici que l'histoire devient particulièrement difficile à établir.
À la Libération, un immense ensemble de fosses communes fut découvert à proximité du camp.
Une commission française et soviétique enquêta sur le site en novembre 1945.
Les estimations de cette commission conduisirent à avancer le chiffre d'environ
20 000 corps dans le principal charnier du Ban-Saint-Jean.
À proximité, environ 3 600 morts étaient également associés à l'ancien cimetière juif de Boulay, réquisitionné pendant la guerre.
Ces chiffres furent largement repris dans la mémoire locale et dans la presse de l'époque.
Mais il faut être prudent :
les 20 000 victimes constituent une estimation réalisée après la guerre. Elles n'ont pas été identifiées individuellement et l'état des fosses rendait tout comptage précis extrêmement difficile.
Une opération beaucoup plus tardive, réalisée en 1979 et 1980, permit d'exhumer
2 879 corps du site du Ban-Saint-Jean.
Ces restes furent transférés à la nécropole soviétique de Noyers-Saint-Martin, dans l'Oise.
5. Pourquoi 20 000 et 2 879 ne correspondent-ils pas ?
Cette différence constitue l'un des aspects les plus intéressants de l'histoire du Ban-Saint-Jean.
Le chiffre de 20 000 correspond à une estimation du nombre de corps présents dans les charniers effectuée immédiatement après la guerre.
Les 2 879 correspondent au nombre de corps effectivement retrouvés et exhumés lors des opérations de 1979-1980.
Il serait donc incorrect de transformer automatiquement les 2 879 corps exhumés en « bilan définitif des morts du Ban-Saint-Jean ». Mais il serait tout aussi imprudent de présenter les 20 000 comme un nombre définitivement démontré.
C'est précisément cette différence entre estimation historique,
corps retrouvés et bilan réel des décès qui doit être expliquée dans tout article consacré au sujet.
6. Forbach : le Stalag XII-F
Le Ban-Saint-Jean n'était pas un lieu isolé.
Le Stalag XII-F était installé dans le secteur de Forbach et disposait de nombreux groupes de travail extérieurs.
Les documents disponibles montrent l'importance numérique des prisonniers soviétiques dans ce secteur.
Au 1er septembre 1943, les statistiques citées pour le Stalag XII-F font notamment apparaître plus de
23 000 prisonniers soviétiques.
Ces hommes étaient répartis dans de nombreux Arbeitskommandos, c'est-à-dire des groupes de travail dépendant du camp.
D'autres prisonniers soviétiques furent employés dans le secteur de Metz.
Le ministère des Armées indique notamment que les camps de
Forbach et Woippy furent utilisés pour des prisonniers soviétiques employés comme main-d'œuvre.
Les corps de certains de ces prisonniers furent retrouvés plusieurs décennies après la guerre dans des charniers.
Ils furent ensuite regroupés dans différents ossuaires, notamment à Metz-Chambière.
8. La Lorraine industrielle
Le phénomène dépassait largement le seul Ban-Saint-Jean.
Les prisonniers soviétiques furent employés dans différents secteurs industriels de Lorraine et de l'Est de la France.
La journée d'étude organisée par les Archives départementales de Meurthe-et-Moselle en 2025 rappelle notamment leur présence dans :
les mines de fer ;
les installations sidérurgiques ;
les usines ;
l'agriculture ;
différents groupes de travail dépendant des stalags.
La recherche historique actuelle cherche notamment à reconstituer le parcours individuel de ces hommes : morts, évadés, résistants, rapatriés ou survivants.
9. Le Nord et le Pas-de-Calais
La Lorraine n'était pas la seule région concernée.
Des prisonniers soviétiques furent également employés dans le bassin minier du
Nord-Pas-de-Calais.
Des lieux comme Bruay-en-Artois, Marles, Courrières et Beaumont-en-Artois apparaissent dans les recherches et témoignages consacrés aux prisonniers soviétiques employés dans les mines.
Certains prisonniers soviétiques réussirent à s'évader et rejoignirent ensuite la Résistance française.
L'un des noms les plus connus est celui de
Vassyl Poryk, officier soviétique évadé devenu responsable d'un groupe de résistants soviétiques dans le bassin minier.
10. La nécropole soviétique de Noyers-Saint-Martin
Un élément particulièrement important pour comprendre l'ampleur du phénomène se trouve dans l'Oise.
À la fin des années 1970, l'État français décida de regrouper dans une même nécropole les restes de soldats et prisonniers soviétiques dispersés dans plusieurs régions de France.
La nécropole de Noyers-Saint-Martin regroupe à l'origine
4 598 corps :
78 sépultures individuelles ;
4 520 corps placés dans des ossuaires.
Selon la commune de Noyers-Saint-Martin, ces dépouilles sont principalement celles de prisonniers soviétiques employés dans l'industrie lourde et auparavant enterrés en Alsace et en Lorraine. La nécropole comprend également des Soviétiques morts dans les rangs de la Résistance.
11. Alors, combien de Soviétiques sont-ils morts en France ?
La réponse honnête est : nous ne disposons pas d'un chiffre national définitif.
Le chiffre de 300 000 ne doit pas être utilisé comme nombre de morts :
il désigne le nombre de prisonniers ayant transité par le Ban-Saint-Jean.
Nous disposons en revanche de plusieurs repères documentaires :
Chiffre
Ce qu'il représente
≈ 300 000
Prisonniers soviétiques ayant transité par le Ban-Saint-Jean selon les sources historiques citées.
≈ 20 000
Estimation de 1945 concernant les corps présents dans les principaux charniers du Ban-Saint-Jean.
2 879
Corps effectivement exhumés au Ban-Saint-Jean en 1979-1980.
4 598
Corps regroupés à l'origine dans la nécropole soviétique de Noyers-Saint-Martin.
3 600
Victimes associées au cimetière de Boulay dans les sources concernant le Ban-Saint-Jean.
Ces nombres ne peuvent pas être simplement additionnés : ils ne désignent pas nécessairement les mêmes populations ni les mêmes périodes de comptage.
12. Une mémoire longtemps marginalisée
L'histoire de ces prisonniers est particulièrement complexe.
Une grande partie d'entre eux étaient ukrainiens, russes, biélorusses, baltes ou originaires d'autres républiques de l'Union soviétique.
Après 1945, leurs dépouilles furent progressivement regroupées, mais la mémoire de ces hommes fut également prise dans les enjeux politiques et mémoriels de l'Europe de l'Est et de l'Union soviétique.
Le Ban-Saint-Jean constitue ainsi non seulement un lieu de mémoire de la captivité soviétique, mais aussi un exemple des difficultés rencontrées lorsqu'on cherche à établir précisément le bilan humain d'un système de travail forcé.
13. Documents historiques et archives à consulter
Archives départementales de Meurthe-et-Moselle
Une journée d'étude consacrée spécifiquement aux prisonniers soviétiques en France s'est tenue en 2025. Les interventions et documents associés constituent une excellente porte d'entrée vers la recherche récente.
Les Archives nationales conservent des fonds relatifs aux prisonniers de guerre, aux victimes militaires, au rapatriement et aux administrations françaises chargées de ces questions.
Archives soviétiques filmées lors de la découverte du camp en janvier 1945. Ces images ne concernent pas directement les camps français, mais permettent de comprendre le contexte général de la captivité et de la politique nazie envers les Soviétiques.
Documentaire consacré aux Alsaciens et Mosellans incorporés de force dans l'armée allemande et revenus de captivité soviétique. Cette archive permet de replacer l'histoire des prisonniers soviétiques dans la mémoire particulière de l'Alsace-Moselle.
Le Ban-Saint-Jean mérite une étude particulière : l'histoire du camp, les témoignages des habitants, les photographies d'après-guerre, les rapports de la commission franco-soviétique, les fouilles de 1979-1980 et le transfert des restes à Noyers-Saint-Martin permettent de comprendre pourquoi les chiffres restent aussi difficiles à établir.
La recherche actuelle ouvre également un autre champ : celui des prisonniers soviétiques employés dans les mines et les usines de Lorraine, mais aussi dans le Nord et le Pas-de-Calais.
Une histoire à reconstruire
L'objectif n'est pas de remplacer un chiffre spectaculaire par un autre chiffre, mais de retrouver les hommes qui se cachent derrière les statistiques.
Ils furent des centaines de milliers à être capturés sur le front de l'Est. Une partie d'entre eux fut envoyée en France, où beaucoup travaillèrent jusqu'à l'épuisement dans les mines et les usines de l'économie de guerre allemande.
Certains moururent dans les camps. D'autres dans les lazarets. D'autres encore sur les lieux de travail. Beaucoup furent enterrés anonymement dans des fosses communes.
Aujourd'hui encore, les archives permettent de retrouver progressivement leurs traces.
Article préparatoire – sources principales :
Archives nationales, Service historique de la Défense, Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Ministère des Armées, Commune de Noyers-Saint-Martin, United States Holocaust Memorial Museum et sources historiques locales.
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